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[i56a]
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DE LA VILLE DE PARIS.
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183
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monseigneur le duc de Guise et autres grans seigneurs, et s'offroient au Roy et aud. sr à faire tout ce qui leur seroict possible pour la deffense et protection de lad. Ville; led. seigneur de Guise'Ieur re-monstra que l'armée des rebelles, qui estoient campez devant Paris près Montrouge et Gentilly'1', estoict forte ct grande, et que noz forces n'estoient pas encores venues, et leur conseilla et ordonna de luy envoyer environ dix mil hommes de lad. Ville, tous harquebuziers, pour garder les trenchées, ce qu'ilz feirent le jour mesmes, et mandèrent mesd. s" de la Ville à chascun cappitaine de Paris, qui sont plus de huict vingtz, de leur envoyer chascun dix hommes de leur compaignye, bien armez et equip-pez, et qu'ilz se trouvassent aux Chartreux, où estoict mond. sr de Guise, à quatre heures de rellevée; lesquelz cappitaines eL gens de guerre habitans de Paris se trouverent aud. lieu à lad. heure, si bien armez et equippez que les Suisses et autres soldatz qui estoient «\ la soulde du Roy estoient en admiration de les veoir si adroietz et si bien armez et equippez, et passèrent tous par devant led. sr de Guise, qui fut fort aise de les veoir, et leur ordonna d'aller pour la nuyt garder la tranchée du faulxbourg Sainct Jacques, et les feist tous tirer ensemble leurs harquebuzes, de sorte qu'il sembloictd'un tonnerre, et espou ventèrent les ennemys qui n'estoient pas fort loing d'eulx W.
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SlX JUL TANT ESPAGNOLZ QUE GASCONS
arrivez À Paris.
Le neufiesme jour de Decembre ensuyvant, arrivèrent six mil tant Espaignolz !3' que Gascons, ausquelz Mess" de la Ville donnerent deux muidz de vin à leur arivée et quelque quantité dc pain. Mais quant les huguenolz sceurent qu'ilz estoient arrivez, et que les forces de la Ville se presentoient pour combattre, lesd, rebelles huguenolz délibérèrent de leur retirer, de peur qu'on ne leur donna quelque vive alarme, ce qu'on n'eust failly à faire, veu la grande affection que avoient noz gens de guerre de bien faire.
Et la nuyt mesme que l'on leur avoict apresté le banquet pour les aller veoir, l'on les trouva tous en armes, et leur bagage tous chargez, et commençoient desjà tous à marcher pour leur dequampemenl, mais noz gens ne laisserent pour cela à leur donner l'alarme, où il ne fut pas faict grant chose, synon que noz gens de pied gaignerent quelque bagage et cnmenerent quelques chevaulx. Cela fut cause qu'ilz demeurèrent avecq leur cavallerye jusques sur le midy tous en armes, et allerent pour ce jour loger à Paloiseau, qui estoict led. neuf"18 Decembre, qui fut le jour de leur parlement'*'. Monsr de Guise el monsr le Connestable ne bougèrent de Paris, et le
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Attaquant les ennemis en queue avec 200 gentilshommes de sa suite, il les chargea avec une telle furie qu'il rompit leurs rangs et après les avoir traversés, revint au petit pas dans la tranchée, pendant qu'une centaine de bons arquebusiers postés par M. de Martigues dans un moulin à vent près de la porte Saint-Jacques tiraient sur les gens de M. de Grammont, -qui venoient droict aux tranchées la teste baissée», et que les Suisses commandés par Guillaume Frœhlich faisaient bonne contenance.
O Le prince de Porcien avait ses quartiers à Gentilly, M. de Genlis était logé à Montrouge, pendant quo le prince de Condé et l'Amiral s'établissaient à Arcueil et que la cavalerie allemande campait à Cachan. (De Thou, Hist. Univ., t. I, p. 470.)
(2) Cette parade eut lieu le dimanche 6 décembre, et, s'il faut en croire le Journal de l'année 150a, annonça en quelque sorte aux huguenots la rupture des négociations, k Ce jour, rapporte ce Journal, les Parisiens mirent en armes une partie de leurs arquebusiers, et sortirent de Paris et s'en allerent tous à l'entour des tranchées, marchant dix à chaque rang. Ils estoient environ cinq ou six mille. M. de Guise qui Ies atlendoit là, les fit tous tirer, ct tirèrent chacun trois fois, que fut une fort belle cxemplerie. La fumée et le bruit fut oui clairement du camp des huguenots, que leur fut un signe fort evident que la paix, que le jour devant on tenoit pour conclue, estoit rompues.
(3) Les bandes espagnoles en question venaient sous la conduite de M. de Sansac, qui, dans une lettre à Catherine de Médicis en date du 21 novembre, annonçait l'arrivée de ces compagnies à Tours la veille et son intention de les faire séjourner deux jours dans cette ville, àpour faire acoustrer leurs armes, acheter chausses, souliers, et habillements; car, ajoulait-t-il, la plupart des soldatz sont nudzn. (Bibliothèque Nationale,fonds français 15877, -0'. 388 r°.) Ces troupes formaient un effectif d'environ 7,000 hommes, savoir 3,ooo Gascons et 4,ooo Espagnols. La date du 9 décembre que donne notre relation n'est pas exacte; le Journal de l'année 156a, p. 2 04, et les Mémoires du prince de Condé, p. 693, s'accordent à dire que les enseignes espagnoles ct gasconnes arrivèrent à Paris le lundi 7 décembre.
'*' D'après le Journal de l'année 156a, p. 2o4, le prince de Condé leva son camp qui était entre Montrouge et Gentilly sur la route de Bourg-la-Reine à Paris, le 8 décembre, sur les deux ou trois heures du matin; il y eut quelques escarmouches sans grand résultat, les ■huguenots firent prisonnier le neveu du maréchal de Saint-André,'et les gens du Roi s'emparèrent de quelques charrettes de vin et de foin. En partant, les huguenots mirent le feu à leurs logis et saccagèrent les villages de Montrouge, Gentilly et Arcueil, «jusques à vendre huis, fenestres, conlrefenestres, serrures, vitres et toutes autres choses, encores qu'elles fussent à fer et à cloud» (Mémoires du prince de Condé, p. 693). Le prince de Condé s'établit le 9 décembre à Palaiseau et le lendemain à Limours, le 11 à Chevreuse; le i3 décembre il se transportait à Sain t-Arnoult sur la route de Chartres (Mémoires de Michel de Castelnau, t. I, p. 120).
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